29.10.2007

5 - Bernard

5c9c179ccc0556785788b49290d62b98.jpgIl était d’une régularité exemplaire. Il arrivait à 16h00 précise chaque mercredi et repartait à 16h30. Cela se passait toujours de la même façon : Il frappait deux petits coups à la porte d’entrée, Rose lui ouvrait et il entrait dans l’appartement sans rien dire. Il entreprenait ensuite la visite du salon, de la chambre et du bureau, puis passait à la cuisine et s’installait à la petite table en formica jaune. Rose lui versait alors de l’eau bouillante dans une petite tasse rouge, y ajoutait une cuillère de ricoré et lui tendait la tasse en le regardant fixement dans les yeux. Il amenait la tasse à ses lèvres, sans les tremper, plissait légèrement le nez et la reposait, sans rien dire. Rose s’installait alors sur ses genoux et soufflait doucement sur la tasse, tandis qu’il soulevait sa jupe tout en se déboutonnant. Il la prenait sans aucun préliminaire en s’agrippant à ses hanches et en la faisant allez et venir une dizaine de fois sur son petit sexe mou. Cela ne durait pas plus de 30 secondes. Lorsque Bernard cessait de bouger, Rose savaient qu’il avait jouit. Pas un mot, pas un cri, pas même une accélération de sa respiration n’aurait pu lui permettre de deviner s’il y avait trouvé du plaisir. Et même si elle ne lui faisait pas face, elle supposait que son visage ne trahissait pas non plus la moindre émotion.
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Une fois cette formalité accomplie-il était 16h08- Rose passait au toilette pour essuyer les trois gouttes de sperme qui authentifiaient l’acte qui venait de se dérouler. Elle  venait ensuite le rejoindre dans la cuisine, se servait à son tour une ricoré et lui demandait si sa boisson était maintenant à la bonne température. Elle savait que cette question le ferait rougir et invariablement, il piquait du nez dans sa tasse en rosissant. Puis s’engageait entre eux une charmante conversation : Elle le questionnait sur sa femme, s’inquiétait de la bronchite du petit dernier et bonant mallant il était déjà presque 16h22. Alors il se levait, refaisait un petit tour dans chacune des pièces de l’appartement, puis il enfilait sa veste et se dirigeait vers la porte de sortie. Il était 16h26. Là, il se retournait d’un coup face à Rose et lui glissait sa main droite sous sa jupe. Ensuite il enfonçait avec rage son index et son majeur et explorait ses chaires sans aucune précaution.  Il lui hurlait en boucle : « tu me rends fou petite salope !! » tout en la giflant violemment de son autre main. Cela durait jusqu’à 16h29. Bernard se calmait d’un seul coup, restait environ 1 minute sans rien dire, puis il la saluait par une distante mais non moins courtoise poignée de main. Il était 16h30.

 

Rose s’était défendu les premières fois, puis elle avait compris que cela ne durait que 3 minutes. Ces 3 petites minutes de violences et d’insultes étaient le prix de sa tranquillité. Elle avait décidé que ça les valait et elle en assumait les conséquences. Mais tout les mercredis à 16h31, accroupie derrière sa porte, Rose conchiait en sanglotant l’ensemble de la corporation des notaires de France.

Commentaires

La nature humaine cache bien des mystères!
Je commence à comprendre l'intitulé de ce blog "pauvrerose", effectivement elle est le souffre-douleur de sa créatrice, pauvre personnage... (sourire)

Ecrit par : JAS | 10.11.2007

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