« 9 - La disparition | Page d'accueil | 11 - La disparition- suite (2) »
29.12.2007
10 - La disparition - Suite
- « Père… Père Noël ?
- « Ma petite Rose, comme tu as grandis. Tu es devenu une belle jeune femme à présent ! »
Rose savait que l’homme qui se trouvait derrière elle et qui lui soufflait ses mots dans la nuque ne pouvait pas être le père Noel. Elle le savait parce que le père noël n’existe pas et que ce seul argument suffisait à la dispenser de toutes autres raisons logiques et rationnelles. Pourtant cette voix était bien celle du Père Noel. C’était ainsi et pas autrement.

Elle avait cinq ans lorsqu’elle l’avait rencontré. Un 15 octobre. C’était un lundi. Il était 18H00, il pleuvait et Rose cherchait son chat Barnabé. Elle portait des bottes en plastic rouge brillant qui lui donnait un air de Chaperon. Les parents de Rose habitaient une petite maison en périphérie de Saint Brieuc. Un lotissement modeste ou les maisons identiques s’alignaient en chapelets bien rangés. A cette époque, de grands champs entouraient ce petit pâté de français moyens mais propriétaires. Rose, au milieu de la terre boueuse, scandait d’une voix suraiguë le nom de son chat. Cela faisait trois jours que Barnabé avait disparu. Elle, parce qu’il s’agissait en fait d’une femelle baptisée sans avoir pratiqué les vérifications d’usages, elle était donc en chaleur et Rose s’inquiétait de la savoir aux prises avec tous ces gros mâles poilus du quartier. Elle traversa le champ boueux et se retrouva face à un petit mur de pierre d’environ un mètre. Elle se retourna pour vérifier qu’elle pouvait toujours apercevoir le petit portail blanc de sa maison, puis rassurée, entreprit d’escalader le mur. De l’autre côté, un jardin ou les herbes plus hautes que l’enfant témoignait de l’abandon du lieu. Une petite maison ou plus exactement une cabane se dessinait à travers le feuillage épais. Rose savait que le petit portail blanc avait disparu et décida donc de ne plus se retourner. Elle était effrayée mais la curiosité la poussa malgré tout à ouvrir la petite porte en bois vermoulu. Une forte odeur d’humidité et de moisi la pris au nez et la petite porta immédiatement la main sur sa bouche. Une autre main se plaqua soudainement sur la sienne, si vite et si fort qu’elle n’eut pas le temps de crier. Ses pieds quittèrent le sol et elle se mit à voler à travers les herbes folles. Elle vola jusqu’à une voiture garée au bord du chemin et se posa violemment à l’arrière. La voiture démarra et Rose aperçut l’homme qui la conduisait. Elle se mit alors à hurler, de rage, de peur et aussi parce qu’elle ne savait pas quoi faire d’autre. Elle hurla sans s’arrêter ou presque, à peine le temps de reprendre son souffle. L’homme se retournait de temps en temps pour lui dire de se taire. Il lui disait ça gentiment, presque en la suppliant et Rose hurlait de plus belle. Au bout de 20 minutes, la gorge douloureuse, elle se tût. De grosses larmes coulèrent sur ses joues et Rose, maintenant silencieuse regardait le paysage sombre défiler par la fenêtre. Du haut de ses 5 ans elle comprenait qu’il venait de se produire un événement très grave. Elle roulait dans une voiture conduite par un homme qu’elle ne connaissait pas et qui semblait encore plus effrayé qu’elle. Alors pour cesser d’avoir peur elle pensa à sa maman et à son papa, à son chat Barnabé puis elle s’imagina nager au milieu d’une mer de bonbons de toutes les couleurs : Elle traversa des courants de meringues, fit la planche au milieu des fraises tagada et plongea la tête la première à travers des milliers de carambars. Elle entendait la voix de plus en plus lointaine de l’étrange monsieur lui répétant qu’il ne fallait pas avoir peur et Rose finit par s’endormir.
A son réveil il faisait jour et elle se trouvait toujours sur la banquette arrière. Elle était recouverte d’une épaisse couverture marron. En regardant par la fenêtre elle découvrit que la voiture était garée sur un parking d’autoroute. Elle était seule. Elle ouvrit doucement la portière. Le soleil éclatait dans un ciel azur ses petites bottes de plastic rouge brillaient de 1000 feux. Elle traversa le parking puis suivis un petit trottoir. Rose ne savait pas ou elle était ni ce que lui voulait cet homme. Elle voulait rentrer chez elle et c’est ainsi que les conducteurs ayant emprunté l’Autoroute A6 ce mardi 11 octobre 1981 virent au kilomètre 142 une petite fille pourtant des bottes rouges trotter sur la bande d’arrêt d’urgence.
A suivre
15:35 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
Cette voix, ce flash back, un conte de Noël qui s'inscrit dans un univers merveilleux mais sombre...
L'histoire de Rose porte en elle des indices qui nous laissent à la fois perplexes et intrigués par la force narrative de sa "maman", cette narratrice qui fait des malheures de ses personnages un prétexte narratif pour ne pas perdre de vue l'intrigue initiale...Mais laquelle?! ;-)
To be continued
Ecrit par : JAS | 30.12.2007
Les commentaires sont fermés.