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16.03.2008
14 - Aube
-« Mouches toi, maintenant, et essuies moi ces larmes qui ne te vont pas du tout. Voilà. Fais-moi un bon gros sourire maintenant. Allez, montre moi tes petites dents, encore, encore, encooore… »
-« Larique, j’ai plus 5 ans. Foutez-moi la paix. Vous ne pouvez rien pour moi, pas plus que vous n’arriverez à me faire rire aujourd’hui. Si vous continuez à me faire chier à vouloir voir mes dents, je vous les plante dans le gras. Compris ? »
L’inspecteur regarde Rose quitter le salon et s’enfonce un peu plus dans son fauteuil. Il ferme les yeux et ne sursaute même pas au bruit que fait la porte en claquant.
Il est 14H00. Il sort d’une poche intérieure son petit carnet à spirale et s’attaque encore une fois à la lecture de ses notes. Il ne sait pas quoi faire d’autre de toute façon. Dans une heure, deux tout au plus, Rose viendra à nouveau sautiller autour de lui et il fera semblant d’en être exaspéré. Mais pour l’instant Rose est triste et Larique en souffre sans doute encore plus qu’elle. Il ne sait pas quelle attitude adopter face cette déferlante de mélancolie aussi soudaine que violente. Alors il courbe l’échine et attends que ça passe. Et puis il relit s
es notes, espérant encore trouver un indice, un détail passé inaperçu, un petit bout de début de piste qui lui permettrait de comprendre la disparition de Rachida. Et puis il y avait ce pauvre type qu’on avait retrouvé chez Rose… Il ne pouvait s’empêcher de penser que les affaires étaient liées. Pourtant rien n’était cohérent, aucun mobile, aucun suspect. Une dizaine de flics étaient sur le dossier et depuis plus d’une quinzaine de jours toutes les pistes avaient été explorées ; mais rien n’expliquait l’évaporation d’une caissière et un notaire battu à mort et pendu dans le salon de Rose. Le petit copain de Rachida avait été mis hors de cause et la femme du notaire n’était pas au courant des activités extraconjugales de son mari. La pauvre femme avait du encaisser successivement l’annonce de son décès, la façon dont il avait été assassiné, puis son infidélité et enfin ses pratiques sexuelles sadiques. Ca avait du faire beaucoup d’un coup. Elle était restée cinq bonnes minutes totalement apathique, le regard vide. Et puis soudain elle avait hurlé BERNAAAAARD et les témoins de la scène pensèrent tous sans exception qu’heureusement pour lui, il était déjà mort.
Il est 16h00 et Damien Larique ronfle sur son fauteuil louis XVI, le carnet sur les genoux, la tête en arrière et la bouche légèrement entrouverte. Rose le regarde dormir et elle le trouve émouvant. On sonne à la porte et Damien ouvre les yeux. Rose est penchée sur lui et il ne comprend pas immédiatement qu’il est réveillé. Il la regarde s’approcher de plus en plus prêt et la sonnette de la porte retentit à nouveau. Il se lève brutalement dans un râle disgracieux et bouscule Rose qui se retrouve par terre.
-« Faut… faut ouvrir, ça sonne ». Le petit carnet à spirale tombe aux pieds de Rose.
Elle entend une voix de femme qui se rapproche. La porte du salon s’ouvre et apparaît alors une réplique presque parfaite de la poupée Barbie : Les cheveux long et compact, d’un blond cendré brillant, une taille trop fine et des hanches trop larges avec une tête ridiculement petite par rapport au reste du corps. Rose se lève. La poupée qui parle remarque alors sa présence et les deux femmes marquent un temps d’arrêt. Damien regarde passionnément ses pieds. C’est Barbie qui rompt enfin le silence en tendant une main molasse que Rose écrase comme une pâte à Slim.
- « Bonjour, je suis Aube ». Comme elle a l’air de penser que cette seule indication doit lui permettre d’être identifiée, Rose répond par un « Ah ! » entendu. Et puis elle regarde Damien qui doit avoir peur qu’on lui vole ses chaussures.
-« C’est une collègue et une… amie ».
Rose regarde Aube qui regarde Damien qui regarde son lacet droit.
A y regarder de plus prêt, Rose trouve qu’elle a finalement une gueule à s’appeler crépuscule...
23:26 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
hihihihi quelle chute!
La réplique presque parfaite de Barbie, va pour "presque parfaite" mais moi je dirai la réplique toxique de Barbie...A savoir des répliques de jouets blindées de plomb made in china.Ah là là on ne peut plus faire confiance même à Barbie! ;-)
Le crépuscule de Larique... ASuivre
Ecrit par : Jas | 17.03.2008
aube me fait vaguement penser a quelqu'un de notre connaissance commune...les cheveux,la main molle...bon alors la suite!!!!
Ecrit par : ta soeur souffre douleur | 18.03.2008
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