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05.05.2008

16 - Le vent tourne

826612112.jpgDamien Larique resta prostré pendant plus d'une semaine. La découverte de son amie découpée en rondelles le laissa sur le carreau, HS, Kaput, hors service. Enfermé dans son appartement, Rose fut la seule à pouvoir l'approcher. Elle prit soin de lui. Elle lui fit à manger et le nourrit comme un enfant. Elle lui prépara son bain chaque soir et repassa une chemise propre chaque matin. Il se laissait faire, hagard et sans plus aucune volonté. Ils n'échangèrent pas un seul mot pendant sept jours entiers.

 

Au matin du huitième jour, Rose se réveilla avec une drôle de sensation. Le petit bureau dans lequel Damien lui avait installé un canapé Clic Clac était suffisamment exigu pour qu'en un quart de seconde on en fit le tour. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, un bref coup d'œil panoramique lui indiqua d'abord que tout semblait normal, à sa place. Pourtant quelque chose n'allait pas. Elle se leva et au moment ou elle passa à côté du bureau encombré de Damien, elle comprit l'origine de son malaise : Tout semblait exactement à la même place que la veille, sauf à un détail prêt : les dossiers semblaient rangés, plus ordonnés, comme si quelqu'un les avaient consultés et remis exactement à leur place, mais mieux. Ses doutes furent confirmés en voyant son porte feuille ouvert sur le bureau. Au moment de se coucher, elle avait regardé longuement une vieille coupure de presse datant du jour ou elle avait été retrouvée124825316.jpg par ce jeune étudiant déguisé en père Noël. Sur la photo qui accompagnait l'article on pouvait voir Damien portant Rose dans ses bras. L'article racontait la façon dont il l'avait récupéré sur ce bord d'autoroute. Le jeune homme regardait timidement l'objectif et donnait l'impression d'être presque encombré du petit bout de femme qui jouait avec sa fausse barbe de père Noel.

Elle n'avait pas rangé la coupure de journal. Elle en était certaine. Le petit bout de papier était pourtant plié en 4 dans le compartiment du porte feuille dans lequel elle avait l'habitude de le glisser. Rose tambourina à la porte de la Chambre de l'inspecteur :
-« Larique ! On a fouillé dans mes affaires cette nuit ! Larique ! Est-ce que vous avez fouil... »

L'inspecteur ouvrit la porte et sortit brusquement en bousculant Rose. Il se précipita dans le salon, puis dans la cuisine et finit par se planter devant la porte d'entrée. Il resta là, à observer la serrure, sans rien dire. Rose tenta de lui demander des explications mais un simple mouvement d'une main autoritaire lui intima l'ordre de se taire. La situation semblait grave, aussi Rose s'exécuta et ne dit plus un mot. Elle se contenta d'observer Larique qui faisait maintenant les 100 pas dans le salon. Il marmonnait des choses qu'elle ne comprenait pas en se frottant le front et grimaçant comme un homme blessé. Il finit pas s'asseoir dans son fauteuil Louis 15 et enfouit son visage dans ses mains. Il émergea au bout de quelques minutes et regarda Rose qui commençait sérieusement à s'inquiéter de sa santé mentale.

-« Tout est lié, Rose, tout est lié, Le notaire, Aube, Rachida... Tout est lié et j'ai cru que tu étais le lien... Mais c'est moi... C'est moi... L'étrange disparition de ton amie m'a permis de te retrouver. Le notaire pendu dans ton salon m'a amené à te proposer d'habiter chez moi et Aube découpée en morceau fait de moi un homme libre... Il y a quelqu'un qui souhaite me voir tomber dans tes bras. »
-« En dehors de moi, je ne vois pas qui ça peut intéresser de savoir si on va finir par baiser ou pas. »
-« C'est bien le problème ma petite Rose. Ma chambre a été visitée cette nuit. Rien n'a été dérangé et pourtant on a fouillé dans mes affaires, j'en suis certain. La porte d'entrée n'a pas été fracturée et personne d'autre que toi n'a les clés. Même Aube ne les avait pas. Et tu vois, rien n'a été volé. Quelques affaires très légèrement déplacées de façon à ce que je puisse m'en rendre compte. C'est tout. Cette opération n'a pour but que de me fragiliser un peu plus en renforçant l'idée que tu es en danger. Cela doit exalter mon désir de protection, mais qui d'autre que toi aurait intérêt à ce que je le fasse ? »
-« Larique, vous n'allez tout de même pas croire que c'est moi qui... » Rose tenta un sourire complice et le ravala aussitôt en croisant le regard dur et froid de l'inspecteur.
-« Va falloir me prouver le contraire alors. »
Il lui empoigna le bras et la souleva violemment.
-« Mais bordel, Larique, vous avez pété une durite ! Comment pouvez-vous imaginer une seule seconde que je sois à l'origine de cette horreur ! Vous ne pouvez pas penser ça de moi, vous ne POUVEZ pas ! »

 

1888641257.jpgL'inspecteur Larique ne l'écoutait déjà plus. Il la traîna dans le bureau qui lui faisait office de chambre et l'enferma à clé. Rose colla son oreille contre la porte et entendit une conversation téléphonique étouffée. Même si le contenu lui échappait, elle comprit que Damien venait d'appeler ses collègues. 20 minutes plus tard, Rose quittait l'appartement de l'inspecteur, menottes aux poignets.

 

Commentaires

Rose criminelle schizophrène?
Les crimes perpétrés par les personnes schizophrènes font état de crimes terribles, avec une certaine théâtralité qui nourrissent les faits divers (mutilations, crimes sanglants)... L'amie de Larique découpée en rondelles, est-ce vraiment rose l'assassin?
Suspens! la suite plzzzzzzzzzzzzzz

Ecrit par : JAS | 18.05.2008

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